CONCLUSION

Les honduriens sont un peuple en marche. Et pendant un court laps de temps de ma vie, j'ai fait un bout de chemin avec eux, tentant de saisir le pas, de rattraper la cadence, de reconnaître les obstacles de la route et d'évaluer la distance à franchir. Pendant quelques mois, ils m'ont accueilli, m'ont raconté leur vie, chanté leurs chansons, partagé leur pain. Ils ont ouvert leurs mains, puis leurs coeurs et m'ont fait une place dans leur quotidien sans poser de questions, comme on reçoit une amie.

Alors qu'ils n'ont rien, ou si peu, ils m'ont donné. Du temps, des sourires, des parcelles de leurs vies, des rêves, des souvenirs, de la musique, des couleurs, des rires, des silences, des histoires, des larmes, des espoirs.

Je m'assoyais parfois devant la façade blanchie de la Catedral San Miguel et je jouais de la flûte. Et les enfants venaient, habiter avec moi cet espace de joie dans l'agitation de la ville. Et puis je leur parlais avec mon espagnol approximatif et ils riaient, ravis de nos différences. Et puis je sortais de mon grand sac de toile, les cartons de couleur et les craies de cire et tous s'installaient avec des mines réjouies sur les grandes dalles du parvis de l'église. Je dessinais aussi. Comme eux, je le faisais avec application, car je sentais bien qu'ils y mettaient tout leur coeur, désireux de transmettre quelque chose qui leur appartenait en propre pour le partager, l'offrir.

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© 1997 Les Productions Marie-Renée Patry inc.